Médecins libéraux en grève : un mouvement largement suivi

Pour la première fois depuis longtemps l’ensemble des syndicats de médecins libéraux (CSMF, FMF, SML, MG France, le BLOC, représentés au sein de l’URPS) appelaient, avec le soutien du Conseil de l’Ordre, à faire grève, fin décembre, contre le projet de loi de santé de Marisol Touraine. Cet appel a été entendu, puisque le mouvement a été largement suivi.

Ce mouvement de grève avait été précédé d’une conférence presse, organisée dans les locaux de l’URPS-ML à Orléans le 18 décembre, à laquelle participaient les représentants des syndicats médicaux et ceux de la Fédération de l’Hospitalisation Privée du Centre. 

Rappelons que les syndicats de médecins libéraux dénoncent :

  • La mise en place du tiers payant intégral obligatoire.
  • Une organisation centrée sur l’hôpital public avec exclusion des spécialistes libéraux du parcours de santé des patients.
  • Une étatisation de la médecine libérale via la mise sous la tutelle des ARS avec remise en cause de la liberté d’installation et du volontariat de la PDSA.
  • Un démantèlement du métier de médecin généraliste (vaccinations confiées aux pharmaciens et sages-femmes, contraception, sevrage tabagique, infirmières cliniciennes autorisées à faire des diagnostics) dans un but strictement économique sans souci de la qualité des soins.
  • Le poids des tâches administratives qui pèsent de plus en plus sur la profession de généraliste (dont les honoraires n’ont pas été revalorisés depuis plusieurs années), poids qui sera alourdi si le tiers-payant est généralisé.

Les syndicats médicaux exigent donc que le projet de loi de santé soit sérieusement amendé, voire complètement réécrit…

La FHP, pour sa part, s’alarmait du risque de voir les cliniques exclues de la participation au Service Public Hospitalier (SPH). Il semblerait qu’elle ait été rassurée par la ministre de la Santé à ce sujet. La FHP a donc levé son mot d’ordre de grève dès la fin décembre.