L’Indre-et-Loire, département pilote du dépistage du cancer du col de l’utérus : les généralistes en 1ère ligne

Le programme de dépistage organisé du cancer du col de l’utérus, expérimenté depuis 2010 en Indre-et-Loire et dans 11 autres départements, affiche un bilan très positif. Ce qui devrait permettre de le généraliser dans toute la France d’ici un ou deux ans, dans le cadre du Plan Cancer. Ce programme pilote, géré par le Centre de Coordination des Dépistages des Cancers (CCDC) d'Indre-et-Loire, unité fonctionnelle du CHRU de Tours, a été financé en 2015 par l’ARS Centre−Val de Loire.

« Conformément au cahier des charges, n’ont été ciblées que les femmes sans frottis depuis 3 ans et identifiées grâce aux croisements des fichiers transmis par les caisses d’Assurance maladie (données de remboursement) et par les cabinets d’anatomo−cytopathologistes (résultats de frottis) », précise le Dr Somany Sengchanh Vidal, l’un des deux médecins coordonnateurs de ce programme, avec le Dr Ken Haguenoer.

En 2015, 33 705 femmes ont ainsi reçu un courrier les incitant à consulter le professionnel de leur choix (médecin généraliste, gynécologue, sage-femme) pour réaliser un dépistage. Une relance (38 102 courriers en 2015) a par ailleurs été envoyée, dans un délai de 9 à 12 mois, aux femmes qui n’avaient pas réalisé de frottis après le premier courrier ou signalé une cause d’exclusion temporaire ou définitive (frottis de moins de 3 ans, hystérectomie totale…).

Un autre axe du programme a porté sur le suivi des femmes pour savoir si elles sont prises en charge correctement en cas de frottis anormal. Ce suivi s’effectue sur plusieurs années, principalement auprès des médecins prescripteurs/préleveurs (gynécologues et généralistes) et des pathologistes. Leur participation à la transmission des données de suivi est un point essentiel pour l’évaluation du programme.

À l’issue de cette expérimentation, le nombre de femmes dépistées a augmenté d’environ 10 points par rapport à la période l’ayant précédé, pour atteindre un taux de participation de 64% sur 2013-2015. Le taux de « perdues de vue », quant à lui, n’a été que de 3%.

Au vu des résultats encourageants des différents programmes pilotes, les pouvoirs publics envisagent de généraliser un 3ème dépistage organisé, celui du cancer du col de l’utérus (de 25 à 65 ans), après les dépistages du cancer du sein et du cancer colorectal. Le CCDC invite les médecins généralistes d’Indre-et-Loire et tous ceux de la région à poser cette question à l’ensemble de leurs patientes (en particulier celles âgées de plus de 50 ans) : « à quand remonte votre dernier frottis ?».