IVG médicamenteuse : médecins et sages-femmes unis pour une meilleure prise en charge des femmes

Le 28 avril 2016 a eu lieu à Blois la première formation interprofessionnelle sur l’IVG médicamenteuse (IVGM). Soutenue sur le plan logistique par l'ARS et l'URPS-ML Centre Val de Loire, cette formation conçue et organisée par le Collège de Gynécologie Centre Val de Loire CGCVL en coopération avec EVALFORM, sous forme d'un DPC indemnisable, a réuni 21 participants (7 médecins et 14 sages-femmes) de toute la région.

Les 3 experts du CGCVL (Bernard Bourreau, Parvine Bardon et Stéphanie Chrétien) et les 2 animatrices responsables du CIVG de Blois (Sylvie Osterreicher) et Orléans (Brigitte Noale) ont insisté sur les nouveautés législatives qui compliquent la nomenclature. Le Dr Daouya Roy, médecin conseil de l'ARS (Pôle d'Expertise Médicale), qui a tenu à participer à cette journée, a présenté le projet de prévention pour la péri-natalité et la petite enfance avec le plan d'actions en région Centre :

  • Priorité n° 1 : améliorer les conditions de la grossesse et de la naissance.
  • Priorité n° 2 : améliorer la santé du jeune enfant.
  • Priorité n° 3 : mieux prévenir et prendre en charge les grossesses non désirées, objectif de cette journée de formation. Un groupe de travail avait déjà été réuni par l'ARS le 31 mars 2015 pour planifier une offre IVG diversifiée et sécurisée, sans oublier la promotion de la plate-forme IVG Contraception éducation à la vie sexuelle et affective.

Le gouvernement ayant assoupli une nouvelle fois la législation sur l'IVG, suite à la loi Santé du 26 janvier 2016, le point a été fait sur les changements instaurés par cette nouvelle loi. Le gouvernement a de nouveau souhaité améliorer les conditions d'accès à l'IVG en France. Le texte de la loi Santé paru au Journal officiel du 27 janvier prévoit ainsi des mesures supposées faciliter la mise en œuvre d'une IVG :  

- Suppression du délai de réflexion d'une semaine à respecter avant l’IVG entre la première consultation et la confirmation écrite (sauf pour les mineures : 48 heures).

- Autorisation pour les sages-femmes de pratiquer l'IVG médicamenteuse (article 127 de la loi Santé) à partir du 1er avril 2016. Mais l'arrêté qui en fixe les modalités pratiques (nomenclature, en particulier) ne sera publié que ce mois-ci.

- Mesure phare de la loi Santé, la généralisation du tiers-payant permettra en outre aux femmes qui avortent de ne pas avoir à en avancer de frais.  

Cette loi risque cependant de freiner l'adhésion indispensable à une convention avec un établissement disposant d’un plateau technique. En effet la revalorisation attendue de l'acte IVGM n'a pas eu lieu. Au contraire. Si le forfait médical reste à 100€, consultations préalables et post IVG comprises, les échographies de datation et de contrôle ne sont pas cumulables et sont rémunérées à un tarif trop faible. La volonté ministérielle d'améliorer l'offre de proximité risque ainsi d'être contre-productive. 

La journée a également donné l'occasion d'écouter une conseillère conjugale et familiale (CCF Mme Blanc du CIVG de Blois), ainsi que Mme Micheline Dupont (retraitée CIVG Blois) qui a rappelé que la consultation IVG était un moment propice à la découverte de violences conjugales plus fréquentes chez les femmes en demande d'IVG (dans la population générale 1 femme sur 6 est victime de violences).

Au total, cette journée de formation a permis de construire un nouveau réseau associant médecins et sages-femmes pour en finir avec les rivalités entre ces professions et évoluer vers une meilleure prise en charge des femmes de notre région. Chaque participant est reparti avec une pochette contenant tous les documents administratifs pour se lancer dans cette activité, certes insuffisamment rémunérée mais indispensable, car 1 femme sur 2 fera une IVG dans sa vie. Espérons que les professionnels de santé s'engageant dans cette activité seront reconnus non seulement comme des militants pour les droits des femmes mais aussi comme des professionnels de santé comme les autres acteurs de la santé publique.