Nouvelle organisation de la PDSA dans l’Indre : premiers retours…

Le 2 juillet est entrée en vigueur dans l’Indre une nouvelle organisation, plus attractive, de la PDSA (permanence des soins ambulatoires) des médecins généralistes. Ce dispositif, résultat de plusieurs mois de négociations et d’engagement résolu des médecins libéraux sur la base du cahier des charges défini par la Commission Organisation des soins-PDSA de l’URPS-ML, a fait l’objet d’une évaluation à l’issue de trois mois d’expérimentation, en vue de l’améliorer en fonction de l’évolution de la démographie médicale. L’Indre est en effet l’un des départements de la région les plus faiblement médicalisés.

En voici le premier bilan dressé par deux de ses principaux artisans.

Dr Sylvaine Le Liboux, responsable du grand secteur Nord-Ouest de l’Indre :

« Le dispositif a plutôt bien fonctionné cet été, même si l’on a noté une augmentation des déplacements pour aller aux urgences de la part de patients qui ne voulaient pas faire plus de kilomètres pour aller consulter dans un cabinet plus éloigné qu’auparavant de leur domicile, en raison de l’agrandissement des zones de garde. Le système actuel est donc entériné et va être poursuivi, car les tableaux de garde sont bien remplis et les jeunes s’y intéressent et se mobilisent notamment pour les effections mobiles de week-end qui sont plutôt bien rémunérées ».

Dr Didier Lyon, président de l’Association des médecins régulateurs de l’Indre (AMERLI) :

« Le planning établi depuis début juillet s’est révélé sans aucun trou, ni en fixe ni en mobile. Trois internes tournent, en plus des médecins installés, sur la partie sud du département pour faire de l’effection mobile, ce qui leur permet de découvrir le département et peut créer des envies d’installation. Il a été cependant noté, ces derniers mois, une augmentation du nombre des transports en ambulance vers les urgences de l’hôpital, phénomène lié aux soirées en semaine sans effecteur mobile. Mais globalement, il y a aujourd’hui une bouffée d’oxygène provisoire apportée par l’augmentation du nombre de médecins par secteur. Le système a tenu la route pendant l’été. Nous allons maintenant voir ce qui va se passer en période de pic d’épidémie, pendant la mauvaise saison, lorsqu’il faudra faire face à une augmentation de la demande et se déplacer sur des routes enneigées ou verglacées.

Notre inquiétude majeure pour l’avenir est la diminution du nombre de médecins libéraux volontaires pour la régulation libérale durant la PDSA, qui est passé de 30 à 20 médecins, parmi lesquels certains ne veulent pas faire de week-ends. Il va donc falloir renforcer la régulation, ce qui semble possible en semaine, mais plus difficile le week-end, bien que cette régulation soit bien rémunérée et indemnisée. L’idéal serait de pouvoir mobiliser aussi des médecins salariés. Le problème est qu’il est impossible, en raison d’un blocage administratif, de transférer les fonds destinés aux libéraux à des médecins salariés, quelle que soit leur activité. Il faudrait pouvoir déroger à cette règle grâce à une expérimentation en accord avec l’ARS. Il nous faut donc d’ores-et-déjà réfléchir à l’avenir ».