Sevrage tabagique : les cabinets libéraux en première ligne

A l'ère de la e-cigarette, les patients fumeurs continuent d'attendre de l'aide de leur médecin traitant, qui reste leur interlocuteur privilégié et, dans beaucoup de situations, « le mieux placé pour accompagner et guider le patient », indique le Dr Anne Dansou, pneumologue-tabacologue et responsable de l’Unité de tabacologie au CHRU de Tours.

Face à l’échec de l’injonction ou de la culpabilisation, l’Unité de tabacologie préconise de mener un « entretien motivationnel », de pratiquer « le conseil d’arrêt » et de « faire réfléchir le fumeur en lui posant des questions ouvertes ». Le changement est favorisé en guidant le fumeur et en appliquant la méthode suivante, en quatre étapes :

- Informer le patient sur les risques du tabac.

- Le déculpabiliser en lui expliquant le phénomène de dépendance.

- Lui proposer de l’aide (ex : consultation dédiée au tabagisme ; prescription de substitut nicotinique en cas de dépendance physique à la nicotine, en sachant qu’une telle prescription multiplie par 2 le taux de succès du sevrage au bout de deux mois, et par 2,5 si la prescription comporte à la fois un patch et une forme orale).

- Evaluer et renforcer sa motivation à l’arrêt grâce à des questions ouvertes (« Quels avantages tireriez-vos à arrêter ? », « Quelles sont vos craintes en arrêtant de fumer ? », « Pourquoi fumez-vous ? » et « Pour quelles raisons avez-vous envie de fumer ? »), qui vont permettre au patient d’exprimer sa lassitude d’être « accro » au tabac et de prendre conscience que la balance avantages/inconvénients du tabac penche dans le sens des inconvénients.

« Il faut vraiment respecter le libre arbitre du fumeur, ne pas le braquer, le forcer, le stigmatiser, le culpabiliser, insiste le Dr Dansou. Le médecin traitant doit se montrer souple et pratiquer l’alliance thérapeutique : écouter avec empathie, chaleur et professionnalisme. Il s’agit de comprendre, pour aider le fumeur lui-même à mieux les réfuter, les peurs que peut avoir le patient d’arrêter de fumer, peurs fondées sur des croyances irrationnelles telles que : j’ai besoin du tabac pour vaincre le stress ou je ne veux pas grossir si j’arrête ».

Pour en savoir plus, visitez le site : Pour en savoir plus, visitez le site : www.chu-tours.fr/unite-de-coordination-de-tabacologie-uct/

Les dégâts du tabagisme selon la HAS (Arrêt de la consommation de tabac : du dépistage individuel au maintien de l'abstinence en premier recours - Recommandations - octobre 2013)

- 29% des Français fument.

- 73000 décès par an dus au tabac.

- 1 fumeur sur 2 mourra du tabagisme.

- 97% des fumeurs n’arriveront pas à arrêter sans aide...